Devenir hôtesse de l’air : je reviens sur les idées reçues

Vous êtes de plus en plus nombreux à me poser des questions sur mon métier d’hôtesse de l’air et j’ai décidé de vous aider à y voir plus clair. En réelle acharnée que je suis, j’ai passé au total huit entretiens (oui, tu as bien lu…) et ai été embauchée pour la première fois au bout du sixième entretien, soit après pas moins de deux ans et demi de recherche. J’ai d’abord pensé très logiquement que je n’étais peut-être pas faite pour ce métier, puis j’ai appris comment dialoguer avec les recruteurs, quels étaient les pièges à éviter et surtout quelles étaient les qualités attendues pour être Cabin Crew.

Tout le monde peut y arriver, je te le certifie !

Un jour j’ai été très choquée en remplissant le formulaire de candidature d’une compagnie asiatique, qui exigeait que les hôtesses fassent 15kg minimum en dessous de leur taille.


Crois en toi, n’écoute pas les autres !


Dans ce premier article, je vais démentir quelques clichés qui circulent quant aux critères de sélections durant ce que l’on appelle les « Assessment Days« . J’ai lu nombre de bêtises lorsque je n’étais pas encore PNC et cela m’a fait énormément douter. Des gens sur les forums spécialisés m’affirmaient que les tatouages étaient rédhibitoires et que j’étais bonne à me faire faire du laser, on m’a dit également que ma taille (1,55m) ne passerait pas car les recruteurs allaient me mesurer, etc. Enfin tu l’auras compris, tu trouveras de TOUT sur le web, pour peu que tu cherches.

Alors dis-toi bien que je n’ai aucun intérêt à te raconter des bêtises. Ce que je veux, c’est essayer de corriger ces idées reçues pour te permettre d’avancer et de CROIRE EN TOI BORDEL !

Les compagnies ont des standards physiques précis


Pas toujours. Malgré que certaines compagnies comme celles du Golfe ou encore certaines domiciliées en Asie continuent de demander aux candidats leur poids ou encore leur taille, ceci varie d’un continent à un autre.
Un jour j’ai été très choquée en remplissant le formulaire de candidature d’une compagnie asiatique qui demandait que les hôtesses fassent 15kg minimum en dessous de leur taille. En Europe, par exemple, il est interdit de recruter sur des critères physiques (en tout cas dans les faits, vous avez le droit de refuser la communication de telles informations).

Je me souviens d’un entretien chez Easy Jet, le meilleur que j’ai passé (oui je le dis, car ils ont été parfaits avec moi) où j’avais tellement peur d’être recalée que j’ai demandé directement au recruteur : « Est-ce que vous êtes sûr que je fais bien la taille adéquate? – Vous avez été mesurée, vous êtes en face de moi, donc oui j’en suis sûr ! »

(P.S : j’ai été prise après l’entretien, mais ai du refuser pour accepter une offre qui à l’époque me paraissait mieux. Je reviendrai sûrement sur cette histoire.)

YOU GO, GIRL !

J’ai des tatouages et des piercings


Je vais te révéler un petit secret : une très grande majorité de compagnies européennes proposent à leurs employés des uniformes à manches longues, pour pouvoir dissimuler facilement les tatouages (car nous sommes très nombreux à avoir de multiples tatouages, dont certains sont très visibles. Bande de voyous !)
Concernant le camouflage des zones plus visibles je vous recommande d’utiliser du fond de teint spécial tattoo (mon chouchou étant Dermablend de Vichy… je ferai un article dessus prochainement).

Quant aux piercings, il vous suffira de les enlever (oui, c’est très chiant effectivement). Certaines compagnies sont par ailleurs très tolérantes sur le sujet, tant qu’il s’agit de bijoux discrets, comme le tragus par exemple ou bien le septum que tu peux retourner avant tes vols –c’est comme ça que des milliers de PNC se retrouvent avec un tragus, véridique !).


Il faut être bilingue

Oui et non. Super, tu es bien avancé.e avec ça…

.Oui, car : excepté si tu as la chance de rentrer directement chez Air France, nous sommes très souvent amenés à travailler avec des collègues étrangers qui ne parlent pas un mot de Français la plupart du temps. Pour être tout à fait claire là-dessus : les contrats de PNC (hors compagnies purement françaises) stipulent que les employés doivent être capables de parler une seule et même langue : l’Anglais.

Ne t’offusque pas ! Cette règle n’est pas faite pour t’enquiquiner, bien au contraire. Imagine que tu sois en situation d’urgence : une personne fait un malaise (je suis gentille…) devant toi. Comprends bien qu’il va falloir que tu puisses interpeler voir appeler tes collègues via l’interphone (le fameux « P.A. ») pour leur expliquer la situation en détails. Il faut également que tu sois capable de comprendre un briefing, d’y participer et même d’évacuer un avion… le tout en Anglais ! What the fuck ?

D’ailleurs, bien que je ne l’ai compris que bien plus tard, la pauvreté de mon vocabulaire en Anglais a été mon principal frein lors des entretiens. Cela ne m’a néanmoins pas empêchée de réussir par la suite, je reviens là-dessus juste en-dessous…

. Non, car : vous allez apprendre en pratiquant.

Bravo, tu as réussi ton entretien ! Oui mais, sachez qu’avant d’intégrer officiellement une compagnie aérienne, il va falloir que tu passes ce que l’on appelle une « conversion » ou « training course » afin d’obtenir une ou plusieurs certification(s) qui vont concerner les avions sur lesquels tu vas être amené.e à travailler.

Tes instructeurs (qui vont devenir vos collègues par la suite) vont également t’enseigner et te faire valider des modules sur ce que tu as peut-être déjà appris pendant ton CCA (Cabin Crew Attestation), à savoir les premiers secours, les épreuves de piscine… je te détaille tout ça dans cet article.

Pour te donner un exemple concret, je me rappellerai toujours de cet entretien que j’ai passé pour une compagnie tchèque. Alors qu’ils me posaient des questions techniques sur les équipements de l’avion (dont je connaissais les réponses en Français bien sûr !), je suis restée paralysée. C’est différent de savoir parler de soi en Anglais et de devoir connaître des termes techniques.

En bref ça a donné un truc honteux, du genre :

« Explain me how many types of extinguishers do you have on board and how to use it? [avec le petit regard froid des filles de l’est, tu sais]

Euh, well…

– Alright. So what’s a decompression and what are you first actions in case you notify the signs of a decompression ?

(…) I’m not really sure… « 

Lorsque j’ai décroché mon premier contrat de PNC, je savais très bien écrire et comprendre l’Anglais, mais puisque je ne pratiquais jamais à l’oral, j’avais d’énormes lacunes. Puis les cours dispensés par la compagnie m’ont beaucoup aidée à progresser. Il faut dire que je suis tombée sur une instructrice en or. Puis plus je volais et mieux je parlais et comprenais (même l’accent irlandais les gars, eh ouais !). Lorsque j’ai changé de compagnie, je suis passée sur du long-courrier et mon vocabulaire n’a cessé de s’enrichir.

Conclusion : NE STRESSE PAS ! Un langage, ça s’apprend tout au long de sa vie, mais ne reste pas bloqué.e là-dessus. Tu as beaucoup d’autres qualités à mettre en avant !


Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Créez votre site Web avec WordPress.com
Commencer
%d blogueurs aiment cette page :