Trouver un URBEX en neuf étapes (+ bonus)

Voici une liste non exhaustive de ma propre méthode complète afin de trouver des Urbex.

Pour résumer très rapidement, l’Urbex est une contraction d’ « exploration urbaine » et consiste à explorer des lieux abandonnés. Il existe quelques règles telles que le fait de ne pas partager ses informations, de ne pas dégrader ce qui se trouve sur place ou encore de ne pas entrer par effraction sur les lieux.

Malgré que cette activité reste passionnante, il peut être difficile de débusquer des lieux inhabités. Il m’est arrivé d’en visiter certains qui paraissaient neufs de l’extérieur. Au contraire, j’ai déjà cru que certains lieux étaient désaffectés alors qu’ils ne l’étaient pas.

Voici ma propre méthode en neufs points pour trouver ces merveilles du passé.

1. Parcourir les sites d’URBEX

Cela parait tout bête, mais il s’agit très souvent de ma première étape lorsque je n’ai aucune idée précise de ce que je voudrais explorer. Je regarde tout simplement les sites des autres explorateurs pour avoir une idée de lieux intéressants. Certains laissent des photos hallucinantes de courrier ou de panneaux par exemple, où une partie d’adresse ou de nom est visible. À ce moment-là je deviens complètement folle et j’essaye de taper des débuts d’adresse dans le moteur de recherche de Google Earth du genre « Lille, rue de » et j’attends les suggestions… je compare à la photo et essaye de voir quel nom de rue se rapproche de celui de la photo. Parfois, ce sont les devantures des bâtiments qui constituent de véritables indices.

Exemple : un jour j’ai réussi à déchiffrer le nom d’une personne qui écrivait au supposé propriétaire du bâtiment à l’abandon, grâce à une fameuse photo zoomée sur laquelle je pouvais apercevoir un bout de lettre manuscrite.

Grâce au cachet sur la lettre, j’ai compris qu’il s’agissait correspondance entre deux professionnels. L’expéditeur, qui était un fournisseur, avait un site qui m’a permis de cibler les clients et anciens clients de celui-ci et de feinter ainsi jusqu’à mon client mystère et son adresse précise!

Les commentaires laissés sur les articles des explorateurs sont parfois très révélateurs… un simple « ce bâtiment construit en … » ou « cet hôtel abandonné en -telle année- et composé de dix chambres avec vue sur la mer » peut être une aide extrêmement précieuse. Bien sûr, certains font exprès de donner de fausses pistes. Il faut faire avec, c’est le jeu!

Alors il faut s’armer de patience et parfois, on trouve des choses intéressantes!!

2. Rechercher par mots-clefs

N’hésitez pas à chercher sur Google « usine abandonnée Paris » ou bien « liquidation judiciaire », « fermeture définitive », etc. Ce genre de mots-clefs peut être très utile! J’ai pris également l’habitude de me rendre sur les sites internet des journaux régionaux. Cela me permet de cibler plus précisément des fermetures éventuelles d’hôtels, de restaurants, d’entreprises ou bien des lieux de crimes…

Pssst… faire un tour sur TripAdvisor peut être utile pour repérer les entreprises liquidées! Regardez les avis, de quant datent les derniers, etc.

Exemple : en apercevant sur un site d’Urbex une très vieille photo de personnes en uniformes, j’ai pu déduire que le château abandonné que je cherchais était une ancienne école de jeunes-filles ou bien un couvent ou un pensionnat. De là, une recherche Google nous a permis d’identifier (après deux ou trois jours quand même) une ancienne école de danse.

3. Les archives

En voilà une belle occasion de vous rendre dans une bibliothèque!! Vous pouvez fouiller dans certaines archives accessibles au public, prendre rendez-vous au centre des archives de votre commune ou bien accéder très facilement aux documents numérisés (certains sites demandent néanmoins de s’authentifier et même de payer… oui c’est sympa). J’ai passé comme cela deux jours à regarder tous les châteaux de Dordogne et de Gironde avec Google Earth en parallèle… voilà voilà.

Ça reste tout de même un moyen super fun et surtout FIABLE chercher des informations. N’oubliez pas que les archivistes sont des gens qui vivent de passion et seront sans doute plus que ravis de pouvoir vous venir en aide! Ils connaissent beaucoup de choses et sont des sources de renseignements intarissables!

Exemple : cela fait des mois que l’on cherche un lieu très connu par les explorateurs de notre région. Nous cherchons pendant des mois puis nous décidons d’arrêter les recherches. Par nostalgie, je décide plusieurs années après de regarder à nouveau les clichés de certains explorateurs et aperçois… un meuble avec de minuscules étiquettes, puis des noms plutôt courants… je les teste un par un sur Google, puis finis par tomber sur un site d’archives, qui me mène aux origines d’une très vieille entreprise désormais fermée! Dans ce cas précis, Google Earth ne nous a pas permis de confirmer nos doutes, car le lieu était bien caché, invisible depuis la route et entouré d’arbres. Bien sûr, une petite visite en voiture nous a comblés de bonheur, puisque ce fut une enquête réussie! 😉

4. Les données EXIF

Lorsque l’on prend une photo, il y a des données qui sont stockées dans votre appareil. Ces données vont indiquer par exemple le modèle d’appareil utilisé lors de votre prise de vue, le diamètre d’ouverture de votre objectif, votre focale… en fait, les paramètres que vous avez configuré directement depuis l’appareil.

Ce que vous ne savez peut-être pas et c’est là que ça devient intéressant pour nous, c’est que ces données EXIF peuvent révéler les coordonnées précises de l’endroit depuis lequel vous avez pris votre cliché (surtout quand il s’agit de photos prises depuis un téléphone portable…).

Pour vérifier les données EXIF, j’utilise l’application Koredoko car seule la géolocalisation m’intéresse, mais il existe des applications plus précises comme « Exifer » ou bien des sites internet et même des plugins à ajouter à votre explorateur internet.

Bien sûr, les photographes professionnels protègent ces données et il est donc très rares que leurs photos ne parlent. Mais parfois, ce sont des gens moins expérimentés qui font des Urbex. Il est donc bon de vérifier…

Koredoko

5. Au culot!

N’hésitez pas à contacter les offices de tourismes, les mairies en prétextant n’importe quelle recherche universitaire… surtout si vous avez une vague idée du style architectural du bâtiment visé! Ça peut aider.

Aussi, une méthode que je n’emploie pas personnellement (car je n’aime pas que l’on me mâche le travail…) consiste tout simplement à demander à d’autres explorateurs ou bien à échanger des adresses. Et là, il faut être convaincant! N’oubliez pas que le but de la confidentialité est, au-delà d’un ego surdimensionné, de préserver au maximum les Urbex des gens mal intentionnés. En effet, beaucoup trop de jeunes débiles n’entrent dans les lieux abandonnés que pour les détruire. Les explorateurs sont souvent des gens qui ont une certaine nostalgie de l’ancien et sont touchés par le fait de trouver une vieille photo ou bien une télé des années 50. Bien sûr, si vous voulez obtenir des informations, mieux vaut montrer patte blanche.

Personnellement je ne donne aucun lieu, même à mes amis. Pourquoi? Parce qu’outre le fait de protéger ces lieux, j’estime que si je passe trois mois à chercher un lieu, tout passionné peut le faire. Si l’on n’aime pas fouiller, c’est que l’on n’est pas vraiment intéressé par l’exploration urbaine.

Quand on cherche des indices, ce travail fastidieux mène bien souvent à des parcelles d’archives, révèle des choses sur les endroits abandonnés et c’est tout ça qui est magique, additionné à tout le mérite que l’on a de les avoir trouvés! À méditer.

6. YouTube

Je cherche actuellement un Urbex qui m’obsède complètement. Je sais que je vais finir par le trouver, mais en attendant, j’ai déjà passé plusieurs jours à fouiller partout à la recherche d’une piste. Et j’en ai déjà trouvé plusieurs.

Et puis à force d’écumer la toile, j’ai fini par tomber sur la vidéo YouTube de jeunes un peu cons, qui se filmer à l’entrée de l’accès qu’ils avaient trouvé, dans la rue du bâtiment etc… la façon dont je procède est très simple : d’abord je regarde et écoute la vidéo en entier, sans pause. Ensuite, je la regarde une deuxième fois en notant les passages exploitables. Enfin, je fais des arrêts sur images, je fais des captures d’écran, je zoom, je cherche ce que je peux… pour ce cas, le bâtiment se trouve près d’une zone industrielle. J’ai donc zoomé sur les panneaux qui m’a permis de trouver un indicatif téléphonique (j’ai donc le département du lieu!), puis j’ai regardé les camions d’entreprises et ai cherché les sociétés de la régions qui avaient le même code couleur et le logo que ceux présents sur les camions aperçus sur la vidéo (ils sont très, très flous… voir la photo qui suit). Bref, vous l’aurez compris, il va falloir passer des heures à tout regarder.

7. Recherche par image

Il existe un outil de Google et de Pinterest (entre autres) qui est très intéressant : la recherche non pas par mots-clés, mais par image! Il vous sortira les images qui sont similaires à celle du lieu que vous cherchez.

Pour cela, il vous suffit de glisser votre image dans la barre de recherche ou bien de cliquer sur « parcourir » afin de la sélectionner directement.

À partir un téléphone, il vous suffira d’ajouter l’application « Google » et de cliquer là-dessus :

Pour information, la photo originale a été prise à l’American Museum of National History de New-York. À voir absolument!

À partir d’un ordinateur, il faudra aller sur le lien suivant : https://images.google.com

Notez que vous pouvez également utiliser les applications Pinterest ainsi que Reversee par exemple (il en existe énormément).

8. Géocaching

Avec mon mari nous faisons de la Géocache pendant plusieurs années et ce jeu à des points communs avec l’Urbex. Je vous laisse vous renseigner sur le sujet si vous le souhaitez et je ne pourrais que vous en conseiller la pratique.

Le geocaching permet de découvrir des lieux, des paysages cachés au milieu de zones que vous n’auriez probablement jamais au l’idée de visiter sans l’application.

Lorsque j’ai une idée de ville où pourrait se situer un Urbex que je cherche, je me mets à résoudre les énigmes de quelques géocaches en sectorisant méthodiquement.

9. Google Earth

Je suis quelqu’un de vraiment très acharnée et parfois, un lieu peut me valoir plusieurs nuits blanches d’affilée, car je ne supporte pas l’idée d’échouer à trouver un Urbex, surtout quand j’ai un coup de foudre pour lui.

Alors quand je n’ai plus aucune piste, un simple nom de secteur (que ce soit un nom de région, de département ou de ville) me met dans tous mes états et j’entreprends d’écumer Google Earth. Cela me prend plusieurs jours et c’est une méthode qui aboutit très rarement.

Les configurations où les recherches de Google Earth aboutissent sont celles où l’on a déjà une idée, plusieurs indices… mais trouver un lieu sur l’unique base d’un nom de région s’avère extrêmement compliqué.

Et voilà, vous savez tout! Plus d’excuses pour harceler les explorateurs, vous avez toutes les cartes en mains pour dénicher vos propres lieux secrets! 😉

BONUS : rien à voir avec l’Urbex (ou presque), mais si vous aimez chercher des adresses de lieux à partir de photos streetview (en gros, si vous êtes une grosse tarée et que vous n’avez pas de vie sociale comme moi), je vous recommande l’application GeoGuessr. Par contre accrochez-vous car c’est un jeu très compliqué… bon courage!

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